Valero rachète l’ancienne raffinerie LyondellBasell de Houston pour la redémarrer d’ici fin 2027

Une raffinerie arrêtée depuis un an et demi va-t-elle repartir ? C’est le pari de Valero. Le raffineur américain a signé un accord pour racheter l’ancien site de raffinage de LyondellBasell, sur le Houston Ship Channel. Il veut y remettre en marche une partie des unités d’ici à la fin de 2027. Pour les ingénieurs procédés, c’est un cas rare : réveiller des installations mises à l’arrêt définitif plutôt que construire du neuf.

Ce que prévoit l’accord #

D’après le document 8-K déposé par LyondellBasell auprès de la SEC, le chimiste a conclu le 29 octobre un accord avec une filiale de Valero Energy. Il lui cède sa filiale à 100 % Houston Refining, L.P. pour 320,5 millions de dollars, sous réserve des ajustements habituels à la clôture.

Selon Oil & Gas Journal, le périmètre comprend environ 700 acres en bordure du chenal, contigus à la raffinerie que Valero exploite déjà à Houston. S’y ajoutent 13,5 millions de barils de capacité de stockage et la logistique du site : quais maritimes, chargement ferroviaire et postes de chargement camions. La clôture est attendue d’ici à la fin de 2026, sous réserve des conditions habituelles, dont le feu vert des autorités de la concurrence.

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Un site fermé en février 2025 #

La dépêche Reuters reprise par Boursorama rappelle que le site abritait une raffinerie de 263 776 barils par jour. LyondellBasell l’a fermée définitivement en février 2025. Le groupe avait annoncé dès 2022 qu’il sortait du raffinage de brut pour se recentrer sur la chimie et les polymères. Après des années de recherche infructueuse d’un acquéreur, c’est donc un voisin direct qui reprend le site.

Cette proximité compte. Un site contigu permet de partager des utilités, des réseaux de tuyauteries, des capacités de stockage et l’accès au chenal. Pour un raffineur déjà installé, le rachat d’emprises existantes offre aussi une marge de manœuvre foncière qu’il serait très difficile de trouver ailleurs sur la côte du golfe.

Redémarrer 165 000 barils par jour #

Valero ne compte pas relancer toute la capacité d’origine. Il prévoit de remettre en service dans un premier temps 165 000 barils par jour de traitement de brut léger peu soufré (light sweet), d’ici à la fin de 2027. C’est nettement moins que la capacité nominale de l’ancienne raffinerie.

Ce choix a une logique de procédé. Un brut léger et peu soufré charge moins les unités de conversion et d’hydrotraitement. On peut donc le traiter avec un schéma plus simple : distillation atmosphérique, puis traitements de finition. Redémarrer d’abord les unités les plus simples limite les travaux de remise en état et le risque de démarrage.

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Les bruts lourds et acides en option

Selon Oil & Gas Journal, Valero voit aussi dans l’opération une occasion d’investir plus tard dans une capacité « à haute complexité » pour traiter des bruts lourds et acides (heavy sour). Ces charges sont plus visqueuses, plus soufrées et plus riches en résidus. Elles demandent de la conversion profonde (cokéfaction, hydrocraquage) et une forte capacité de désulfuration. Valero n’a donné ni chiffrage ni calendrier pour ce second volet.

Remettre en route une unité arrêtée : les points durs #

Pour le génie des procédés, le défi principal est la remise en état. Une raffinerie mise à l’arrêt définitif passe généralement par une phase de vidange, de dégazage et de mise en sécurité. Avant tout redémarrage, l’exploitant doit refaire l’état des lieux de l’intégrité des équipements : colonnes, fours, échangeurs, ballons, lignes et soupapes.

Plusieurs chantiers reviennent dans ce type de projet. Il faut inspecter la corrosion et l’épaisseur des parois, requalifier les équipements sous pression et vérifier les catalyseurs. L’instrumentation et le contrôle-commande, souvent obsolètes après une longue période d’arrêt, sont à revoir. Les utilités aussi doivent être remises en service : vapeur, eau de refroidissement, air instrument et torche. Enfin, les permis environnementaux et les études de danger doivent être mis à jour, avec des essais de mise en service progressifs, unité par unité.

Ce calendrier explique sans doute pourquoi Valero vise la fin de 2027 et non un redémarrage rapide. Entre la clôture prévue fin 2026 et la remise en service, il restera environ un an pour l’ingénierie de détail, les travaux et les tests.

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Ce que révèle l’opération #

Le dossier illustre un mouvement plus large : les capacités de raffinage existantes reprennent de la valeur. Construire une raffinerie neuve aux États-Unis reste exceptionnel. Racheter un site doté de ses autorisations, de son stockage et de sa logistique est souvent plus rapide et moins risqué. LyondellBasell, de son côté, achève son retrait du raffinage et transforme un actif à l’arrêt en liquidités.

Les prochaines étapes à suivre : l’avis des autorités de la concurrence, la clôture annoncée pour la fin de 2026, puis le détail du programme de remise en état. C’est là que se jouera la réussite technique d’un projet rarement mené à cette échelle : faire revivre une raffinerie après un arrêt définitif.

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